[COMPTE RENDU] Conférence : “De la Start-Up Nation à la CyberNation ? Retour sur l’expérience israélienne du cyberespace”

Intervenant : Ilan Scialom : géopolitologue, entrepreneur et expert en cyberespace. Diplômé de l’École Normale Supérieure Ulm et de l’Université Paris Panthéon Sorbonne.

      «Dans ce contexte, la géopolitique est un outil majeur de compréhension et d’analyse du cyberespace qui permet d’en apprécier les dimensions multiples. Dans un environnement géopolitique et géostratégique instable, Israël a amorcé très tôt une réflexion pour définir une cyberstratégie efficace, basée entre autre sur un fossé technologique toujours plus grand avec ses ennemis ».

Comment Israël est devenu l’une des principales cyberpuissances mondiales ? Quel modèle le pays présente-t-il ?

1. Start up nation : comme une Silicon Valley > lieu d’éclosion avec des start-ups et des entreprises
2. Aujourd’hui : lien entre géopolitique et cyberespace
3. L’expérience israélienne du cyberespace

Le terme de start-up nation en Israël est un concept nouveau. La question de l’entreprenariat est majeure. Israël est le pays qui a le plus d’ingénieurs pour 10 000 habitants (140 ingénieurs pour 1000 employés). C’est plus qu’aux Etats-Unis et qu’en Russie. Le pays a une superficie de 21 000 km2 et compte environ 8,7 millions d’habitants. Là-bas, il y a la culture de la recherche :  le pays est 2ème position en terme de « Venture capital » en pourcentage. On note quelques réussites patentes : WAZE, ICQ, Mobileye, USB (vendu à Intel pour 15 milliards de dollars), caméras pilule que l’on avale pour la chirurgie (bioélectroniques).

Il y a 7 éléments qui peuvent expliquer qu’Israël soit une start-up nation :

– Contexte géopolitique (espace troublé)
– Armée importante comme intégrateur technologique
– Esprit entrepreneurial
– Dimension de l’Intelligence économique
– Les incubateurs (plus de 1500 start-ups incubées)
– Le capital risque
– Excellence académique

La taille, la géopolitique et la diplomatie sont primordiales

Le contexte géostratégique est instable et la perception des menaces toujours grandissantes. Israël a seulement deux pays frontaliers avec lesquels il est en « paix » : l’Egypte, la Jordanie. Pour le reste, la situation se complique. Avec le Liban, il y a un risque constant de guerre. Israël est donc un espace contenu. Le pays s’inscrit donc dans un concept de « création stratégique » quant à l’innovation.

Quelques concepts explorés :

  • Le « Tfisat habitahon » : concept stratégique nationale

Les 3D : Détection des menaces avec des services de renseignement, dissuasion et la victoire décisive. Israël voit la nécessité d’avoir un « gap » technologique avec les autres pays. Les israéliens veulent développer de la matière grise car ils n’ont pas d’autres ressources à par la mer morte et la mer méditerranée.

  • Mélange technologique et humain

Il y a beaucoup d’universités ainsi que des institutions nées bien avant l’Etat et qui sont  toujours d’actualités > en 1912 : Technian de Haïfan, en 1925 : Université hébraïque de Jérusalem. De plus, renaissance de l’hébreu comme langue vernaculaire (avant on pensait à l’allemand).

  • Concept de la « tech transfer » : spécialité israélienne

En charge de mettre en avant les recherches des étudiants entre la recherche fondamentale et le marché. C’est aussi le fait de mettre en avant les recherches étudiantes et de les financer. Une fois qu’un start-up est créée, elle est aussitôt vendue 5 ans après, le but étant de créer des start-ups et d’avoir des royalties. Israël a aussi une logique high-tech, de défense et de sécurité : « pas de retail mais bel et bien de l’innovation ». De plus, investissement des Israéliens en early-stage là où c’est le plus dangereux.

  • Phénomène de « clusterisation »

Les start-ups vont s’agréger autour de cluster (soutien au gouvernement, porosité entre les secteurs civils et militaires en Israël).

  • Complexe en Israël du « Not invented here »

Pousse l’inspiration sur les autres.

  • Phénomène de rassemblement

Cohésion importante via l’armée (trois ans de service militaire obligatoire), « Unité 8200 » renseignement cryptographique. L’armée est vue comme intégrateur technologique.

Conférence à Telecom ParisTech, le 18/06.