Éditorial N°16 – Cybersécurité et partenariats européens

Le mois de novembre a été rythmé par de multiples conférences sur la cybersécurité et sur la sureté du territoire français. En ce mois de novembre, l’équipe de veille de digital.security a assisté aux conférences du Salon Milipol dédié à la sûreté, la sécurité intérieure des Etats et à la cybersécurité. Les problématiques ont évolué et les autorités et instances gouvernementales voient dans la cybersécurité un pan de la sécurité intérieure à part entière. Les conférences ont principalement porté sur la lutte contre le terrorisme et le cyber-terrorisme, l’intelligence artificielle, la sécurité maritime et sur la sécurisation des smart cities. Ces différentes problématiques sont assez représentatives des prochains défis et enjeux sécuritaires des instances de sécurité et gouvernements.
 
La cybersécurité se présente comme l’élément qui lie toutes ces thématiques. Longtemps mise au second plan, elle apparaît aujourd’hui comme un fer de lance du domaine de la sécurité. Les réponses étatiques se doivent d’être structurées face aux attaquants et menaces. Aujourd’hui, le temps moyen d’action / réaction face à une cyberattaque est de 200 jours environ. À ce titre, un ministère dédié à l’économie numérique a été évoqué pendant ce salon. Si l’on prend le cas du gouvernement français, une stratégie nationale des renseignements a été mise en place avec différentes cellules qui communiquent et échangent des informations. Depuis 2015, le gouvernement français a renforcé ses capacités en matière de lutte contre le terrorisme avec notamment la doctrine de lutte informatique offensive. Lors de ce salon, les partenariats et collaborations régionales et internationales ont particulièrement été mises à l’honneur concernant la cybersécurité et la sureté des Etats. Les notions de Cloud Act, et Cyber Act ont notamment été mises en exergue. Le Cyber Act va niveler par le haut les pays qui doivent s’harmoniser en cybersécurité.

La cybersécurité ne doit pas s’établir uniquement à l’échelle d’un pays, elle doit s’établir de par des unions et des partenariats.  L’Europe prévoit d’agir à son niveau. D’ici 2021, tous les pays européens devront adopter une carte nationale d’identité électronique dans un souci d’égalité et de sécurité. L’innovation qui a été l’objet principal du salon Milipol, s’applique également à la cybersécurité qui est un sujet d’innovation fructueux. Bien que ce domaine requiert plus de considérations – aussi bien par les autorités que par les consommateurs –  il nécessite également des législations, des ministères attitrés et une normalisation commune, à commencer par le RGPD.