[COMPTE-RENDU MILIPOL 3] La ville ” Smart and Safe”

En ce dernier jour des conférences, l’équipe de veille stratégique a également suivi des tables rondes et interventions portant sur “la sécurisation des espaces publics, des villes et des collectivités intelligentes“. L’internet des Objets répond aux problématiques urbaines de sécurisation des Smart Cities avec notamment la mise en place de capteurs au cœur des villes. Une première table ronde s’est axée autour des notions de « smart and safe » en tant que composantes majeures et indissociables pour les villes et collectivités. Le panel d’intervenants a regroupé des acteurs tels que :

  • Anne LE HENANFF, Vice-Présidente nationale, Villes Internet ;
  • François MURGADELLA, Chef du Pôle “Développement des technologies de sécurité”, SGDSN (Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale) ;
  • Patrice PEPIN, Directeur de la police municipale et des affaires commerciales, Ville de Roanne et ANCTS (Association Nationale des Cadres Territoriaux de Sécurité) ;
  • Caroline POZMENTIER, Vice-Présidente, Conseil Régional Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur, Déléguée aux relations internationales, Adjointe au Maire, Déléguée à la sécurité publique et à la prévention de la délinquance, Ville de Marseille ;

Tous acteurs pour la collectivité, les intervenants ont tour à tour exposé leur expériences et mises en garde quant à la nécessité de faire face aux défis de la sécurité au cœur des villes.

Pour Anne LE HENANFF, la donnée sera au cœur des villes et deviendra la ressource commune pour les collectivités territoriales. Il sera nécessaire de la requalifier pour des usages smart et de la protéger. Mais aussi d’avoir des qualités de sauvegarde des données irréprochables. Une donnée bien qualifiée et exploitée et notamment par les petites communes est une source énorme d’économie. A ce titre, Philadelphie a installé des capteurs sur les poubelles, ce qui représente 1 million de dollars d’économie par an. Grenoble a mis en place des capteurs sur les réseaux urbains de chauffage pour détecter d’éventuelles fuites d’eau et intervenir en amont des inondations. Les capteurs établis permettent de mieux gérer les ressources (mobilité et énergie) et être plus efficients.

La Smart City est une source d’économie de par quatre piliers : Le Smart economy, energy, people, mobility. Dans le monde, 2400 villes sont dans une démarche de smart city. En France on est en retard dans ce sujet-là. Il ne faut pas confondre e-administration et Smart City, qui est un territoire de confiance. Selon Anne LE HENANFF, la France est loin du compte, pour plusieurs raisons.

  • Aujourd’hui, ce sont principalement les métropoles qui ont des démarches de Smart City. Ce sont eux qui ont les budgets, elles ont les tailles de pouvoir avoir un vrai projet de ville intelligente. Leur budget est à l’échelle nationale, voire européenne. Il faut également noter la fracture entre les régions et les ruralités. Les petites agglomérations sont en reste car elles ont peu de moyens, ni d’expertise ;
  • La France manque de feuille de route, et de clarification à un niveau gouvernemental ;
  • Le projet doit être transversal, et ne pas fonctionner par métiers ;
  • Il y a un trop faible niveau de sécurité des communes et des systèmes d’informations, il faut d’abord assurer la safe city ;

Une enquête a montré que 70% des communes n’ont pas mis en place de procédures RGDP, alors que cela aide les communes à développer leur niveau de cybersécurité. Les élus locaux ne sont pas des experts sur la sécurité numérique et font appel à des partenaires extérieurs (coûts supplémentaires). Or, il convient d’avoir des adjoints au maire qui ont une bonne connaissance du sujet. Il faut intégrer la sécurité dès la conception des smart city. Une vision de la smart city doit être conçue. Dernier point sur lequel elle a insisté : la réussite des Smart Cities passe par l’humain.

François MURGADELLA a quant à lui répondu que son administration était également concernée car le Secrétariat participe au sujet des territoires de confiance, qu’il considère un début de feuille de route. Il a indiqué qu’il y a des groupes de travail au niveau européen dans un format conseil-commission qui porte sur l’espace public depuis 2016. De plus, il a soulevé la problématique des règles de sûreté ont mis en exergue la difficulté pour les services en ligne qui doivent gérer les données. Enfin, il a mis en avant la dualité de ces dispositifs de par les différentes finalités pour justifier l’investissement dans la gestion des transports notamment.

Le directeur de la police de la ville de Roanna, Patrice Pépin, a mis en exergue la nécessité pour une smart city d’être au service de la gestion opérationnelle et stratégique ainsi que le besoin de centraliser des applications, accessible de manière pratique aux opérateurs. Dans la ville de Roanne, une alerte agression pour les commerces a été mise en place pour faire des remontée d’agression directement sur la plateforme de la mairie. La ville rappelle le commerçant et peut envoyer la Police.

Caroline POZMENTIER, a parlé au nom et pour la ville de Marseille. A travers une étude de cas, la vice-présidente et adjointe au maire a parlé du développement de la « safe city » au cœur de Marseille. Elle s’est posée la question : « Comment un territoire peut développer une politique axée sur la sécurité des personnes ? ». Les maires ont vu se renforcer leur pouvoirs et compétences, pour autant ils ne peuvent exercer cette politique qu’à travers un partenariat basé sur l’investissement de l’état. Les mairies ont la responsabilité de la gestion de l’espace public. La ville de Marseille a développé une plateforme de traitement des données en vue de la tranquillité de l’espace public, d’une meilleure gestion avec une meilleure anticipation. On y retrouve treize jeux de données dont, une main courant de la police municipale, allo mairie, ou les arrêtés de réglementation de la police administrative.

Enfin, Gérard Herby, Vice-Président Systèmes de protection chez Thales, est venu présenter une étude de cas sur « les nouvelles technologies au service de la sécurité des villes et espaces publics ». C’est un fait, les villes sont en croissance dans le monde. 50% de la population mondiale habite en ville, et 75% en 2050. L’amélioration de la sécurité va avec celle de la qualité de vie, de la mobilité ainsi que de l’interaction avec les citoyens, l’utilisation des ressources etc. La criminalité augmente également. Oslo, Mexico, Barcelona, San Francisco ont mis en place des technologies de sécurité. Les villes visent à prévenir et à prédire la criminalité et à tenir des situations tactiques. A titre d’exemple, le développement du Wi-Fi sécurisé dans un site archéologique au Moyen-Orient a permis de prévenir les attaques. Diverses technologies sont mises en œuvre, à savoir :

  • Des technologies de communication sans fils : mobilité des connexions mobiles, 4G, réseaux maillés, réseaux PNR, haut-débit etc enjeu majeur de la sécurité. Exemple : diminution des investissements, déploiement simplifié, appuie l’infrastructure civile existante ;
  • IoT : déploiement de capteurs visant à capter la donnée et la renvoyer à un centre de commandes. Exemples : A Nice, des capteurs mesurant la montée des eaux afin de détecter le débordement et d’organiser la mobilité. Apparition de caméras intelligentes pour mesurer la densité de population ;
  • Enhanced sensors : Microsystèmes qui deviennent des capteurs en soi : exemple, des drones, des systèmes de capteurs de drones, micros (Il y en a beaucoup à Mexico pour détecter les coups de feu), sonars sous-marins pour détecter intrusion terrorise par voir maritime ;
  • Capter les émotions en ligne ;
  • Analytics : la vidéo analytics est basée sur la vidéosurveillance. Traitement en temps réel des données filmées. Détection de bagages abandonnées, altercations physiques.
  • IA/Big Data et Cloud : architecture qui permet d’avoir des capacités de calculs de stockage, et transforme les business models ;