[SMART CITY] Le Cap pense et répond à ses problématiques majeures urbaines

L’expérience de la smart city est en pleine progression en Afrique et plus particulièrement en Afrique du Sud. Population grandissante, rues engorgées, taux de pollution élevé et processus de recyclage interminable sont autant de problématiques que les pays africains doivent traiter. Avec un climat à la fois très humide ou aride, les différents concepts que totalise la Smart city ont trouvé un domaine d’application dans les villes africaines. Le Cap est la deuxième plus grande ville d’Afrique du Sud et l’une des villes africaines les plus modernes. Les mégalopoles se transforment en réelles plateformes technologiques et intègrent de plus en plus de technologies de l’Information et de la Communication (TIC). Le souhait de la smart city se traduit notamment par des besoins urgents au cœur de la ville, qu’ils soient d’ordre public, urbain ou citoyen. À chaque ville, ses problématiques.  Les villes du continent africain sont le plus souvent exposées aux mêmes contraintes, notamment celle de la surpopulation en raison d’une urbanisation croissante. La création de zones urbaines est donc une priorité, et la ville du Cap en Afrique du Sud en a fait l’une de ses priorités. Selon un rapport du cabinet de conseil Deloitte, intitulé « Africa is ready to leapfrog the competition : Through Smart cities  Technology », l’Afrique est l’un des continents les plus enclins à développer des smart cities au cœur de son continent pour plusieurs raisons, à savoir :

  • Une certaine facilité pour implémenter de nouvelles technologies en raison des difficultés pour les villes africaines à maintenir les infrastructures et les coûts des systèmes existants ;
  • La croissance de la classe moyenne ;
  • Une importante progression de l’urbanisation ;
  • Une pénétration de la téléphonie qui atteint environ 72% sur le continent.

Le continent africain monte donc en puissance et exprime son souhait de répondre aux problématiques urbaines grandissantes. Les critères de la smart city sont vus ici comme des applications d’un meilleur mode de vie mêlant praticité et vie citoyenne. La croissance d’une ville comme Le Cap est telle que le gouvernement de la ville s’est lancé le défi de trouver des solutions stratégiques et technologiques.  

Une initiative urbaine et des données collectées en temps réel

Le concept de smart city s’applique à l’échelle d’une ville, mais se pense premièrement à l’échelle gouvernementale. Les dirigeants africains en appellent au secteur public pour rendre les villes africaines plus intelligentes au service des citoyens. En novembre 2013, le ministre sud-africain à la présidence s’est exprimé lors d’une conférence sur les technologies de l’Information et de la Communication (GovTechnology Conference), pour insister sur la Constitution de l’Afrique du Sud et a déclaré que la qualité de vie des citoyens devait nettement être améliorée par les TIC. Il a notamment évoqué la « ville de demain » supportée par une connectivité accrue.

La ville du Cap s’appuie sur l’Internet des Objets pour favoriser son développement: les capteurs intelligents, capables d’analyser les données en temps réel au cœur de la ville, sont en effet un atout plébiscité par les Smart Cities. Le Cap s’appuie sur le déploiement de ces capteurs pour satisfaire les demandes en électricité, la gestion de l’eau et le traitement des déchets. Ils permettent à la municipalité de collecter des données en temps réel sur des millions d’objets. Les compteurs d’eau et d’électricité sont principalement concernés. Ils fournissent également des informations sur l’état des poubelles, des feux de circulation et sur l’éclairage urbain. La collecte de données est accélérée par des fournisseurs de réseaux IoT tels que Sqwidnet. Ce dernier couvre actuellement les huit métros d’Afrique du Sud et a pour objectif d’être déployé sur toutes les routes nationales. Fin 2017, la couverture réseau recouvrait 85% de la population sud-africaine. La collecte de ces données en temps réel vise à optimiser l’agriculture, la gestion du trafic. Enfin, afin de prévenir le crime ou de dissuader, ces capteurs signalent chaque coup de feu détecté dans les zones de crime. Ce système « Spot Spotter » qui détecte les coups de feu a été expérimenté en 2016 pour la première fois dans les quartiers d’Hanover Park et Manenberg au Cap. Les résultats ont été conséquents et ont permis de réduire le nombre de crimes à l’arme à feu. Au total, la ville compte 560 caméras de surveillance.

La vie citoyenne prime dans la ville du Cap. A cet effet, la municipalité a lancé un plan d’action pour faire un Cap une ville intelligente. Ce dernier repose sur quatre piliers :

  • Digital infrastructure
  • Digital inclusion
  • E-government
  • Digital Economy

La ville du Cap maintient son avance et est l’une des principales villes intelligentes du continent africain avec la création d’un portail de données ouvertes. Ce portail rend compte des données fournies par et pour les citoyens et les rend publiques. Ce portail communique les données de la ville. Le Cap exploite pleinement les données qu’elle récolte pour améliorer la vie des citoyens. Les données fournies en temps réel permettent notamment d’optimiser les interventions d’urgence pour les incendies et les secours. En raison de sa topographie et de sa végétation, le Cap se trouve sur une région sensible aux incendies. A cet effet, le centre d’intervention d’urgence du Cap a été créé en tant que « solution intégrée » pour la sécurité publique. De plus, en 2016, IBM et son portail météo, The Weather Company, ont mis en place un tableau de bord cognitif pour évaluer « le risque et la gravité des incendies » dans la ville. Cette application permet de prévenir les pompiers rapidement.

L’Internet des Objets répond aux besoins citoyens

Les initiatives sont multiples au cœur de la ville pour répondre aux problématiques de la population croissante qui fait face à l’insuffisance d’instances gouvernementales, comme l’accès aux soins. La ville du Cap voit dans l’Internet des Objets un moyen d’étendre les services et les prestations étatiques, mais aussi de fournir à la population un accès aux soins de première nécessité.  La ville a par ailleurs mis en place un système de comptage pour réduire la consommation d’eau et d’énergie. Une réduction de 10% a été constatée. La ville agit en toute transparence avec ses citoyens via son portail web de données ouvertes. Actuellement, la ville propose 86 jeux de données à télécharger. On trouve parmi les principaux utilisateurs, les universités, les centres et laboratoires d’innovations et les organismes publics. La connexion Wi-Fi est fournie par les bus (Bus Myciti) de la ville, mais pas uniquement.  Fin 2016, la ville comptait près de 72 spots Wi-Fi publics ; et à terme, l’objectif sera d’en installer dans les arrondissements de la ville. Toujours en matière de connectivité, la fibre optique à haut débit a été installée.

Une armada d’applications mobiles couvrent les diverses activités et services de la ville: l’application « WhereIsMyTransport (WIMT) » par exemple, lancée en 2014, fournit des informations sur les tarifs, la fréquence et modes de transports. En 2016, l’application concurrentielle à Uber, Taxify, a été créée dans le but d’augmenter la rémunération des conducteurs.

Les récentes crises hydriques que traversent les régions autour du Cap et de la ville même, sont au cœur des problématiques auxquelles les solutions intelligentes se chargent de répondre. Grâce à des capteurs placés au cœur de la ville, les habitants et les autorités peuvent être avertis d’une fuite d’eau en temps réel. Ces comptages intelligents permettent de s’assurer que les quotas quotidiens d’eau ne soient pas dépassés.

Conclusion 

L’implémentation de l’Internet des Objets au cœur d’une ville ne se contente pas de rendre service à la ville, elle permet d’améliorer bien plus, comme la gestion des ressources rares dans une ville comme le Cap. La technologie aide à résoudre des problèmes d’ordre urbains. Les problématiques propres aux villes, comme les embouteillages, la gestion des ressources et la vie citoyenne sont maintenant repensées. La ville du Cap a su saisir l’opportunité de l’Internet des Objets pour développer sa ville. L’accès au Wi-Fi a été repensé pour permettre à plus de personnes d’y accéder même dans les endroits les plus reculés. Avec un taux de téléphonie aussi élevé, les demandes d’accès au Wi-Fi sont en réelle augmentation. Seulement, les initiatives numériques doivent être adoptées à toutes les échelles. Les gouvernements, les industriels et les municipalités se doivent de les appliquer. Les pays africains sont souvent perçus comme sous-développés, mais au regard de leurs ressources et des technologies qu’ils utilisent, ils font un réel bond au niveau de la connectivité. Dans la ville du Cap, les citoyens ont accès à l’information grâce à des bornes Wi-Fi. Ces dernières sont le point de départ de la connexion avec la ville, et avec le monde. Grâce au Wi-Fi, les services fournis par l’Internet des Objets deviennent efficients.